Histoire & patrimoine

Construite en 1851 et achevée en 1853, l’église Notre-Dame de Jacques-Cartier constitue un témoin important de l’évolution sociale et architecturale du quartier Saint-Roch. Il s’agissait alors d’une chapelle pour la Congrégation des hommes de Saint-Roch, une congrégation de laïcs sous la responsabilité des Jésuites. Les congrégations de laïcs étaient des groupes qui permettaient aux membres d’approfondir leur foi tout en entretenant des rapports d’aide mutuels.

L’église Notre-Dame de Jacques-Cartier reprend l’architecture de la chapelle de la Congrégation de la Haute-ville. On attribut le travail à l’architecte Raphaël Giroux, un élève de Thomas Baillargé. En raison de la croissance rapide de la population dans le quartier ouvrier de Saint-Roch, la chapelle s’ouvre au public, en 1864. L’église Notre-Dame de Jacques-Cartier devient une desserte officielle à partir de 1865.

Plusieurs rénovations ont été effectuées dans l’église depuis. On note l’allongement de la nef de trois travées, afin de rendre l’église plus accueillante et confortable aux paroissiens de plus en plus nombreux. Une sacristie est ajoutée en 1925, là même où siège les bureaux de La Nef Coop.

Le décor intérieur de l’église connait les mêmes changements. On note plusieurs rénovations, notamment dans la voute et pour le maître-autel. Le plafond est en effet décoré à deux reprises tandis que le maitre autel est transformé trois fois. Les derniers médaillons peints, vers 1945, sont attribués à François-Edouard Meloche, disciple de Napoléon Bourassa. Les toiles derrière le maitre-autel sont pratiquement les seuls témoins des anciens décors de l’église. Celles-ci ont été réalisées en 1889 par Joseph-Adolphe Rho.

En 2003, le curé de la paroisse Notre-Dame de Jacques-Cartier, voyant la diminution de fréquentation de l’église, propose une solution intéressante. Les bas côté, situés dans les galeries, sont aménagés afin d’accueillir des organismes communautaires. Ces nouvelles locations, permettent à l’église de maintenir ses opérations jusqu’en 2012. Par la suite, La Nef, Coopérative de solidarité de Notre-Dame de Jacques-Cartier, sera créée en 2010. En 2014 La Nef officialise l’achat de l’ancienne église, désacralisée en 2012. La protection de son patrimoine demeure l’une des missions majeures de la coopérative.

Orgue Casavant 

L’orgue Casavant de l’ancienne église Notre-Dame de Jacques-Cartier possède 3 398 tuyaux, 46 jeux, 54 rangs et 4 claviers et pédaliers. Son importance, aujourd’hui, se manifeste autant par sa condition d’origine impeccable que par le répertoire varié qu’il permet. Il offre en effet des sonorités allant de l’orgue traditionnel au piano classique. L’orgue est actuellement en attente de classement pour devenir un bien patrimonial officiel.

En 1869, soit six ans après son ouverture au public, l’église fait l’acquisition d’un premier orgue, qui sera en service pendant 40 ans. En 1913, le curé du moment, Omer Cloutier, lance une campagne de souscription étonnante. Celle-ci permet à la paroisse de s’offrir un orgue Casavant pour la somme de 12 900$ à l’époque. La présence d’un orgue d’une telle qualité dans une église aussi modeste démontre bien l’importance de l’Église à l’époque, tout comme la détermination du curé Cloutier. Il a par ailleurs eu l’accord du Vatican d’y apposer les armoiries pontificales en devanture : la tiare et deux clés représentant les pouvoirs temporels et spirituels.

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